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Une carrière d’archéologue couronnée

Deux vidéos traitant des recherches dirigées par Pierre Senay sont lancées.

Trois-Rivières
Richard Biron

Sommité de l’archéologie au Canada, Pierre Senay a eu droit à des honneurs dignes de sa riche carrière, samedi soir, à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Quelque 180 anciens étudiants et collaborateurs, principalement des gens ayant pris part à ses missions archéologiques en Tunisie, se sont retrouvés, le temps d’un cocktail et du lancement de deux vidéos.

Pendant trois décennies, le chercheur a passé deux mois par année à Carthage avec des étudiants québécois et des collaborateurs.

Au fil des ans, ils sont parvenus à dégager du sol un monument commémoratif paléochrétien «C’était une rotonde qui renfermait sans doute une relique de la sainte Croix. Une basilique chrétienne se trouvait à côté », a expliqué Pierre Senay.

Des ruines de villas romaines ont également été découvertes par l`équipe

du professeur à proximité de ces deux bâtiments du passé.

Malgré l’ampleur de ces découvertes, le professeur Senay, qui sera septuagénaire dans quelques jours, avait la parole modeste, samedi soir. Ainsi considérait-il ses découvertes comme un exploit collectif québécois. «Elles sont uniques en Afrique du Nord, ce qui donne encore plus de mérite aux Québécois: nous pouvons dire que nous avons trouvé quelque chose!»

L’effort du professeur de l’UQTR est d’autant plus reconnu aujourd’hui que le chantier de fouilles a été ouvert aux visiteurs l’année dernière.

Panneaux explicatifs à l’appui, les touristes peuvent donc en apprendre d’avantage sur les découvertes qui, bien que leur histoire s’étende sur plusieurs siècles, datent surtout du IVe siècle après Jésus-Christ.

DEUX VIDÉOS

Ceux qui ne peuvent se rendre en Tunisie se consoleront d’apprendre que deux vidéos lancées samedi leur offrent un panorama des fouilles.

Intitulée Carthage, la passion dime vie, la première production présente la carrière du professeur Senay, tandis que la seconde raconte les expériences d’une quarantaine de personnes, principalement des jeunes, ayant participé à son stage archéologique en mai 2002.

«La deuxième vidéo est un peu de la télé-réalité scientifique ! » a lancé Pierre Saint-Yves, qui a coréalisé les deux films avec le cadreur François Levasseur. L’équipe s’est d’abord rendue à Carthage en 2000 pour un voyage de prospection. Deux ans plus tard, les cinéastes ont filmé pendant cinq semaines le professeur Senay et les archéologues en herbe.

«On se levait à 5h et on les suivait», a indiqué Pierre Saint-Yves. Les découvertes du groupe ont ainsi été immortalisées, tout comme leurs malheurs. Ainsi, dans un souci de refléter la réalité, la réaction des jeunes au décès tragique d’un participant, foudroyé par une crise cardiaque à 27 ans, n’a pas passé sous silence. «Il y a eu une commotion et on sentait que la caméra n’était pas la bienvenue», a relaté le journaliste de profession, lui-même été étudiant de Pierre Senay il y a 25 ans.

Habitués à la liberté d’expression canadienne, MM. Levasseur et Saint-Yves ont par ailleurs dû composer avec les restrictions tunisiennes.

«En arrivant, nous n’avions pas d’autorisation de tournage. Nous nous sommes fait saisir notre matériel et ça a pris quatre jours pour le récupérer, a relaté Pierre Saint-Yves. Par la suite, aussitôt que nous sortions la caméra, un policier venait nous demander notre autorisation.»

Malgré tout, le tandem a gagné son pari. «C’est très complet comme vidéo», a opiné Élizabeth-Anne Jourdain, une jeune «vedette» de la production. «Des émissions comme Enjeux pourraient diffuser la vidéo», a opiné Dave Carpentier, qui apparaissait également dans la deuxième production, d’une durée de 50 minutes.

LA CHASSE AU DIFFUSEUR

Les coréalisateurs effectuent actuellement des démarches auprès de chaînes de télévision, notamment des canaux spécialisés, qui pourraient diffuser leurs documentaires.

Ils empruntent ainsi le chemin inverse de celui habituellement parcouru.

«Généralement, il faut soumettre un projet de tournage et ce sont ceux qui l’acceptent qui se chargent d’al1er chercher des subventions», a précisé M. Saint-Yves.

Avant que les deux hommes ne s’embarquent dans l’aventure, ils avaient entrepris certaines démarches, qui sont restées infructueuses.

Ils ont tout de même décidé d’aller de l’avant, Pierre Serray leur ayant annoncé en 2002 qu’il en était possiblement à son dernier voyage.

«Tout le monde a travaillé bénévolement», a indiqué le journaliste à la station de télévision CHEM.

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