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Courage et solidarité à Saint-Prosper

24 mai 2007 - Le Nouvelliste

Trois-Rivières – Ce n’est pas parce que Pierre Saint-Yves a quitté le monde du journalisme que ne brûle plus en lui la passion de témoigner de la réalité et de raconter de bonnes histoires.

L’ancien lecteur de nouvelles de CHEM est à mettre la dernière main à un documentaire de près d’une heure sur l’incendie qui a détruit les principaux bâtiments de l’entreprise La Bisonnière en février dernier et tous les efforts pour remettre sur pied cette entreprise unique.

D’abord, il convient de spécifier que Pierre Saint-Yves, au cours de ses 28 ans de journalisme télévisé, a toujours travaillé en parallèle soit à des documentaires soit à des piges dans le journalisme écrit. Dans ce contexte, le documentaire qu’i1 a réalisé de A à Z avec ses propres moyens n’est pas une surprise. Pas plus que ne l’est le sujet qu’il avait lui-même traité lors de l’incendie en février 2006.

Ce qui est singulier c’est l’intuition qu’il a alors eue, de suivre les propriétaires de La Bisonnière à la suite de l’incendie. Les suivre de façon régulière autant pour rendre compte du déroulement des événements que pour témoigner de leurs émotions au cours de ce cheminement. Et sans savoir quelle direction prendra le documentaire. Sans même savoir si l’histoire en vaudra la peine puisqu’e1le demeurait à être composée.

Le réalisateur a aussi décidé d’emblée qu’il suivrait la chronologie des événements, autant que possible et que son documentaire ne contiendrait aucune narration; que la parole des intervenants, principalement les deux propriétaires de la ferme, Daniel Gagnon et Sylvie Saint-Arneault.

« Au départ, ce que je savais, c’est qu’i1s s’apprêtaient à traverser une épreuve, dit Saint-Yves, sans savoir comment ils le feraient non plus que ce qu’e1le serait exactement. Il ne s’agissait pas seulement d’un incendie mais de la perte de leur gagne-pain. Et comme il s’agit d’une production marginale, c’était plus dramatique encore. Ça aurait pu être fait dans le cadre de bulletins de nouvelles mais deux minutes de reportage par mois, j’estimais que c’était trop dilué et qu’on y perdrait beaucoup. »

Il ne restait qu’à s’y mettre lui-même.

Il a choisi de rencontrer les propriétaires une fois à toutes les deux semaines en plus des événements spéciaux comme les trois corvées qui ont réuni les voisins et amis pour la construction de deux bâtiments. « Tout au long du documentaire, on sent 1′incertitude chez les propriétaires. Je leur fais tout raconter. C’est quinze mois condensés en 50 minutes. Et tout au long, on est conscient de la possibilité qu’ils n’arrivent pas à s’en sortir. Dès le départ, il était assez clair que ça ne serait pas simple. »

A la fin, ça s’avère être un documentaire sur le désarroi de ces gens qui ont passé près de tout perdre et sur l’entraide, un aspect imprévu à l’origine, qui a marqué l’expérience. L’histoire, très particulière, de producteurs agricoles devient universelle dans ses thèmes et son propos. « Malgré nos moyens très limités, on a réussi à faire ce que je souhaitais au départ et même plus, d’analyser le réalisateur. Les corvées qui réunissent des dizaines d’amis, c’est très beau à voir. C’est un document sur la capacité des hommes à se relever et à aider autrui. Parce que s’ils ont pu se relever et rebâtir, c’est grâce à la solidarité des gens autour d’eux. »

« Techniquement, mon plus grand mérite, c’est peut-être d’avoir su m’adapter à ce qui arrivait. Je leur ai laissé la parole donc, c’est eux qui dictaient le contenu, pas moi. C’est sûr que cette solidarité sociale est magnifique mais je ne pense pas qu’el1e soit exceptionne1le. Ça existe encore davantage en campagne qu’en ville peut-être mais quand même. Je veux que le public voit que ça existe encore. »

Le documentaire intitulé l’épreuve du feu sera présenté pour la première fois dimanche prochain, lors de la fête communautaire organisée par les propriétaires pour l’ouverture officielle de la nouvelle Bisonnière.

Pierre Saint-Yves souhaite désormais que son documentaire soit vu par le plus de gens possible, peu importe la plate-forme. I1 a fait des démarches pour faire partie de la Rencontres internationales du documentaire de Montréal mais ne rejette d’emblée aucune autre possibilité. Sa première satisfaction demeure encore d’avoir simplement réussie à réaliser ce documentaire.

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